Débat Jack Lang - Philippe De Villiers
Extraits :
- Sur l'ouverture des négociations :
"Ouvrir une négociation n'est pas la conclure. Il existe trois verrous à l'adhésion turque : d'abord, le référendum voulu par Jacques Chirac sur tous les futurs élargissements ; ensuite, le respect par Ankara de ce qu'on appelle les critères de Copenhague, notamment en matière de droits de l'homme ; enfin, les clauses de sauvegarde qui accompagneront l'entrée de la Turquie dans l'Union dès lors que celle-ci deviendra effective. Mais ne dramatisons pas et cessons de caricaturer la Turquie..."
- Sur l'intérêt d'accueillir la Turquie dans l'UE :
"S'il s'avère possible de construire une aire de civilisation large et puissante englobant un pays qui a donné le vote aux femmes bien avant la France et dont la laïcité est reconnue, pourquoi pas ? Vous niez la dimension civilisationnelle du débat pour le ramener à de la politique politicienne. L'Europe incarne des valeurs profondes et universelles. Elle plante les drapeaux, non plus de conquêtes territoriales, mais de conquêtes des coeurs par nos valeurs. Plus nous réussirons à élargir l'aire de civilisation que nous représentons, plus nous protégerons notre sécurité. Il y a une chose qui m'a notamment choqué dans votre livre, par ailleurs bien écrit et enlevé, Philippe de Villiers : c'est quand vous écrivez qu'on ne peut citer aucun intellectuel ou grand homme de culture turc digne de ce nom. Vous avez le droit d'être ignorant ou de simuler l'ignorance, mais quand même ! Que faites-vous de Yaschir Kemal, immense écrivain et probable prix Nobel de littérature?"
- Sur l'amalgame des deux scrutins :
"C'est un abus de langage, une transfiguration de la réalité que de mélanger les deux scrutins, celui qui aura lieu au printemps et l'autre qui ne se tiendra que dans quinze ans (…) Une fois encore, halte à l'amalgame. Le vote de juin portera sur le seul traité européen et nullement sur la Turquie."
L'intégralité du débat sur Le Figaro





