27.1.05

Débat Jack Lang - Philippe De Villiers

Extraits :

- Sur l'ouverture des négociations :
"Ouvrir une négociation n'est pas la conclure. Il existe trois verrous à l'adhésion turque : d'abord, le référendum voulu par Jacques Chirac sur tous les futurs élargissements ; ensuite, le respect par Ankara de ce qu'on appelle les critères de Copenhague, notamment en matière de droits de l'homme ; enfin, les clauses de sauvegarde qui accompagneront l'entrée de la Turquie dans l'Union dès lors que celle-ci deviendra effective. Mais ne dramatisons pas et cessons de caricaturer la Turquie..."

- Sur l'intérêt d'accueillir la Turquie dans l'UE :
"S'il s'avère possible de construire une aire de civilisation large et puissante englobant un pays qui a donné le vote aux femmes bien avant la France et dont la laïcité est reconnue, pourquoi pas ? Vous niez la dimension civilisationnelle du débat pour le ramener à de la politique politicienne. L'Europe incarne des valeurs profondes et universelles. Elle plante les drapeaux, non plus de conquêtes territoriales, mais de conquêtes des coeurs par nos valeurs. Plus nous réussirons à élargir l'aire de civilisation que nous représentons, plus nous protégerons notre sécurité. Il y a une chose qui m'a notamment choqué dans votre livre, par ailleurs bien écrit et enlevé, Philippe de Villiers : c'est quand vous écrivez qu'on ne peut citer aucun intellectuel ou grand homme de culture turc digne de ce nom. Vous avez le droit d'être ignorant ou de simuler l'ignorance, mais quand même ! Que faites-vous de Yaschir Kemal, immense écrivain et probable prix Nobel de littérature?"

- Sur l'amalgame des deux scrutins :
"C'est un abus de langage, une transfiguration de la réalité que de mélanger les deux scrutins, celui qui aura lieu au printemps et l'autre qui ne se tiendra que dans quinze ans (…) Une fois encore, halte à l'amalgame. Le vote de juin portera sur le seul traité européen et nullement sur la Turquie."

L'intégralité du débat sur Le Figaro

21.1.05

François Reynaert : Mon Turc en plumes

Chronique de François Reynaert dans le Nouvel Observateur, consacrée au dernier livre de Philippe de Villiers : "les Turqueries du grand mamamouchi"

"Nul n’en disconvient, la démocratie suppose la nécessité des débats. Mesure-t-on les souffrances humaines qu’ils peuvent susciter? J’y pensais cette semaine en suivant d’une paupière lasse les cavalcades de M. Villiers sur son nouveau dada, la lutte contre la candidature turque à l’Union européenne et son célèbre cheval de Troie, Chirac. Franchement, cela fait peur. Je ne parle pas de la thèse elle-même, elle est vite vue. On la trouvera résumée dans un livre que le Vendéen vient de sortir. Il s’appelle «les Turqueries du grand mamamouchi». Pour que tout le monde en saisisse la désopilante finesse, on voit sur la couverture M. Chirac vêtu d’un cafetan et couvert d’un turban. Probablement l’auteur, qui est un comique, aurait adoré ajouter Bernadette voilée mais s’est retenu: une Bernadette en voile aurait déconcerté le lectorat, les gens auraient pensé qu’on se moquait de la petite paysanne de Lourdes.

Je ne vous dirai pas que j’ai lu l’ouvrage jusqu’au bout, il est un peu répétitif. Si vous voulez, pour comprendre en gros ce qu’est la Turquie vue par M. Villiers, il faut essayer de vous souvenir de ce qu’il disait de l’horreur de la France au temps de la barbarie socialo-communiste : insécurité, viol, pillage, 35 heures, tout ça. Eh bien Istanbul, c’est pareil en pire. En pire ottoman, on l’aura compris.
Le fond du raisonnement tient sur un indémodable de la pensée de la droite réactionnaire, le fixisme historique. L’Europe a de toute éternité été chrétienne et de toute éternité a lutté contre l’ignoble Ottoman, franchement, pourquoi est-ce que ça ne continuerait pas? Vous voyez le principe. Lutter contre la Turquie pour M. Villiers, c’est comme porter un pantalon de velours avec des petits plis devant pour se rendre à dîner chez bonne-maman, c’est un truc qu’on fait pour une seule raison: on a toujours fait comme ça.
L’idée qu’on puisse inventer une autre histoire que cette rivalité d’empires, comme il y eut une autre histoire avant, ne l’effleure pas, vous pensez bien que si l’Europe avait existé avant les croisades, Godefroy de Vendée en eût été le premier prévenu..."
La suite de l'article sur le Nouvel Observateur

15.1.05

Turquie/Chypre : Erdogan rencontrera Annan

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, doit rencontrer le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, afin de lui demander de reprendre sa "mission de bonne volonté" visant à trouver une solution au problème chypriote, a rapporté vendredi l’agence de presse Anatolia.

"MM. Erdogan et Annan se rencontreront durant la réunion annuelle du Forum économique mondial qui aura lieu du 26 au 30 janvier à Davos, en Suisse", selon des sources diplomatiques de l’ONU citées par Anatolia.

"Le président russe Vladimir Poutine a déclaré, lors de la visite de M. Erdogan en Russie, qu’il soutenait le plan de M. Annan. C’est un développement important qui donne des propositions diplomatiques concernant une solution à la question de Chypre. La Russie avait rejeté le rapport préparé par M. Annan et soumis au Conseil de sécurité", ont signalé les sources onusiennes.

L’Union européenne et la Turquie sont parvenues à un accord lors du dernier sommet de l’UE en décembre dernier, sur le démarrage des négociations d’adhésion le 3 octobre 2005, apràs la promesse faite par Ankara de reconnaître de fait la République Grecque de Chypre.

Chypre a été divisée en 1974 en deux communautés grecque (sud) et turque (nord), après l’arrivée des troupes turques dans le nord de l’île, suite à un coup d’Etat, monté par des Chypriotes grecs qui souhaitaient l’union avec la Grèce.

Le gouvernement chypriote grec, reconnu par la communauté internationale comme seul représentant de Chypre, a rejoint en mai dernier l’UE et a insisté pour que la Turquie le reconnaisse avant de rejoindre l’UE.

La Turquie reconnait seulement le gouvernement chypriote turc du nord de l’île méditerranéenne.

En avril dernier, les Chypriotes grecs ont rejeté le plan de M. Annan qui proposait une autonomie importante des deux communautés ethniques chypriotes sous un gouvernement fédéral faible. Les Chypriotes turcs, soutenus par le gouvernement de M. Erdogan, ont voté pour le plan de M. Annan.
Turkiyemiz

13.1.05

10 Golden Rules for Turkey's Accession Negotiations

Le journal en ligne Zaman publie une tribune de Charles Grant, responsable du Centre pour la Réforme Européenne, qui détaille les 10 règles d'or à suivre par l'UE et la Turquie lors des négociations d'adhésion :

Résumé :

Pour la Turquie :
1. S’assurer que les réformes qu’elle s’est engagée à entreprendre soient appliquées sur le terrain
2. Prendre conscience de la nécessité d’avoir l’opinion des citoyens européens de son coté, et pas seulement celle de la Commission Européenne
3. Demander aux USA d’afficher leur soutien de manière moins évidente.
4. Informer la classe politique et les businessmen turcs de l’ampleur du travail de réforme à effectuer
5. Tenir le peuple turc informé des échéances du processus, qui durera des années

Pour l’Union Européenne :
1. Envisager la demande d’adhésion turque comme une opportunité, et pas comme une menace.
2. Reconnaître les progrès déjà effectués par la Turquie et son gouvernement
3. Entreprendre les réformes nécessaires à une bonne intégration de la Turquie.
4. Déterminer de manière détaillée les critères d’adhésion.
5. Préparer l’opinion publique à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

L'intégralité de l'article sur Zaman

6.1.05

Ahmet Altan : le Turc des Lumières

Portrait de l'écrivain turc Ahmet Altan, qui parle de l'évolution de la société Turque à l'aube de l'entrée dans l'Union Européenne.

"Son dernier recueil de nouvelles s'est vendu à un million d'exemplaires, jusqu'au fin fond de l'Anatolie.
Derrière de fines lunettes dorées, son regard domine la brume du détroit et les minarets qui scintillent dans la nuit. Au dernier étage d'un immeuble de la rive asiatique d'Istanbul, depuis son appartement chaleureux et moderne, Ahmet Altan a une vue plongeante sur l'Europe, juste de l'autre côté du Bosphore. Cette Europe qui n'a jamais semblé aussi proche. Confortablement calé dans son fauteuil à bascule, cet écrivain élégant qui mène une lutte farouche pour la démocratie en Turquie s'arrête, contemplatif, sur la «révolution silencieuse» qui traverse son pays depuis deux ans..."
La suite de l'article sur Le Figaro

4.1.05

Où sont les frontières de l'Europe ?

L'un des arguments de refus de l'entrée de la Turquie dans l'UE est que celle-ci ne fait pas partie géographiquement du continent européen.
Cette question de géographie soulève celle des frontières de l'Europe.
Où sont les frontières de l'Europe ?
Des personnalités diverses apportent des réponses à cette question et notamment, Eric Glon et Patrick Picouet (tous deux géographes) dans un éditorial paru dans le Monde du 30 décembre 2004 et un autre article de Olli Rehn, commissaire européen à l'élargissement, dans le Financial Times du 3 janvier 2005.

Pour eux, la géographie n'est pas une question de frontières, naturelles ou non. L'Europe n'est pas seulement un ensemble géographique, mais c'est avant tout un regroupement de pays réunis par des valeurs communes que sont la liberté, la solidarité, la tolérance, les droits de l'homme, la démocracie, l'Etat de droit...
L'important est que les populations des pays candidats aient une volonté affichée d'intégrer l'UE , que ces pays respectent les valeurs de l'UE et remplissent les critères de l'UE.

L'Europe est géographique, l'UE est politique !

Turquerie ou tartuferie ?

Loin d'avoir été réglée le 17 décembre dernier avec la décision du Conseil Européen, la "question turque" ne fait que commencer nous explique Jean Luc Parodi dans un éditorial très lucide paru dans le Journal du Dimanche du 2 janvier.

Il faut s'attendre en effet à un dévoiement malheureux mais prévisible du référendum sur la Constitution prévu pour le printemps 2005, "les partisans du nom s'efforçant au premier semestre de 'turquiser' l'enjeu du référendum. Avant que, à l'automne, l'ouverture des négociations sur sa future entrée ne la réinscrive sur l'agenda politique". Et Parodi de prédire que 2005 sera "l'année turque", avec en toile de fond "un affrontement frontal" entre le président de la République et le leader de son propre parti sur cette question, au seuil de la campagne pour les Présidentielles de 2007.

La Turquie risque ainsi d'être prise en otage dans le tourbillon des échéances de 2005, qui ne la concerne en rien, tandis que les électeurs Français risquent de se voir dérobés l'occasion de débattre de la vraie question qui leur sera présentée au printemps, et non pas dans 15 ans.

Et la Turquie continue à se réformer

L'année 2005 commence avec de nouvelles bonnes résolutions pour la Turquie.
En effet, cette nouvelle année a commencé par la mise en circulation d'une nouvelle monnaie nationale destinée à lutter contre l'inflation et qui parachève le plan de redressement économique mis en oeuvre par la Turquie.
La nouvelle livre turque (YTL) remplace la livre turque (TL) en lui ôtant six zéros.
La nouvelle livre turque équivaudra à 0,70 $ ou 0,50 € contre 0,0000007$ et 0,0000005€ pour l'ancienne. La respectabilité financière de la monnaie nationale sur le marché mondial sera ainsi améliorée. De plus, le billet de 20 millions de TL qui était la valeur monétaire la plus élevée au monde (mais qui valait moins de 11 euros) n'existera plus.

Constantinople, capitale de l'Europe !

Gilles Martin-Chauffier, journaliste et auteur de Le Roman de Constantinople (à paraître cette semaine), affirme dans un édito du Figaro d'aujourd'hui, que l'Europe a "ressuscitée" en Turquie. Sans Constantinople et Istanbul, la culture européenne ne serait pas...
Constantinople, capitale de l'Europe !

30.12.04

Prendre le temps de s'informer et de débattre

Un internaute publie une lettre ouverte adressée au Député Richard Mallié, à l'origine d'une campagne virulente contre l'ouverture des négociations avec la Turquie.

A présent que la question a été tranchée par Jacques Chirac et l'UE, il faut espérer que 2005 permettra à ce débat de se dérouler dans des conditions dépassionnées et propices à des discussions de fond, prévues pour durer plus de 15 ans.

Washington Post : Europe & Turkey

Un article très intéressant du Washington Post, qui présente l'ouverture des négociations comme un grand pas vers la fin du "choc des civilisations", cheval de bataille de Bush et Ben Laden.

"Europe's contribution to the war on terrorism has been modest. More than once its diplomats have worked at cross-purposes with those of the Bush administration. There is reason to doubt whether most Europeans really understand the threat of Islamic extremism or agree with Americans that an overarching, generational commitment must be made to defeating it. Yet this month the European Union launched an initiative that eventually may contribute as much to overcoming Muslim militants as anything the United States has done since Sept. 11, 2001. It agreed to begin formal membership negotiations with Turkey, a country of about 70 million Muslims that in more ways than one serves as a bridge between Europe and the Middle East. If the talks progress successfully, both Europe and Turkey will be positively transformed -- and the "clash of civilizations" between the West and Islam sought by ideologues such as Osama bin Laden will be far less likely.

The decision to open the European door to Turkey was long in coming -- 41 years, by Ankara's count -- and difficult to make. It required considerable political courage from leaders such as French President Jacques Chirac and German Chancellor Gerhard Schroeder, who acted against public sentiment in their countries and allowed domestic opponents to score points at their expense. Most French and Germans don't consider Turks to be Europeans and do not want them inside a union that is growing steadily more integrated, with a common currency and a constitution waiting to be ratified. But European leaders wisely recognized that they have a precious opportunity to promote and consolidate democracy, human rights and stability in a key Muslim nation, one that borders Syria, Iraq and Iran. That Turkey's historically strong ties to the United States are under unprecedented strain, largely because of the war in Iraq, made the European outreach even more important.
La suite sur le Washington Post

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