15.12.04

Ce que Jacques Chirac doit dire aux Français ce soir…

Jacques Chirac plaidera ce soir pour l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie face à une opinion publique majoritairement hostile.

Il devra ainsi rappeler que l’ouverture de négociations dans les mois à venir ne signifie pas l’adhésion pure et simple de la Turquie en 2005 ou 2006 ; c’est un processus long, engagé depuis plusieurs années et amené à se prolonger pour une décennie encore.

Il devra rappeler la valeur de la parole donnée par la France et les autres Etats-Membres il y a déjà plusieurs années à la Turquie, et qu’une grande nation ne rompt pas ses engagements impunément.

Il devra aussi parvenir à expliquer sans le dire que le religion, source de tous les préjugés et non-dits hypocrites du " débat " sur la Turquie ne constitue pas un des critère d’adhésion. Seuls ces critères , objectifs et quantifiables, détermineront l’issue des négociations qui prendront certainement plus d’une dizaine d’années.

Il doit enfin appeler les Français à regarder vers l’avenir de l’Europe, et de la France en son sein. Le désir inavoué d'une " forteresse Europe " est une attitude frileuse et dangereuse. Gagnée par la peur du voisin, la France doit au contraire saisir l’opportunité de devenir un des moteurs de l’Europe-puissance, d’une Europe multi-culurelle, seule voie possible au réequilibrage d’un monde monde unipolaire et menacé par le choc des civilisations.

Il évoquera aussi sans doute la douloureuse question arménienne, et le devoir de mémoire, long et difficile processus qui, il faut le croire, s’engagera au fil des années à venir durant lesquelles les discussions avec la Turquie doivent se poursuivre pour une adhésion pleine et entière, qui ne devra pas laisser de place à la haine et à la méfiance. Car c’est sans doute la première vertu de la construction européenne que d’avoir permis à des pays comme l’Allemagne et la France, après des décennies de haine, de construire ensemble un avenir commun. C’est cette vision d’avenir, principe même de l’idée européenne -à défaut d’identité européenne- que Jacques Chirac devra présenter aux Français.

Referencement gratuit